SMILE pro : comment fonctionne cette chirurgie laser sans volet cornéen ?

LASIK, PKR, TransPKR, SMILE… Les noms se multiplient, alors que la question du patient reste simple : quelle technique convient réellement à mes yeux ? SMILE pro apporte une nouvelle option dans la chirurgie de la myopie et de l’astigmatisme. Sa particularité tient en une phrase : la correction est réalisée dans l’épaisseur de la cornée et retirée par une petite incision, sans créer de volet cornéen.

Cette différence technique est importante, mais elle ne suffit pas à faire de SMILE pro le meilleur choix pour tout le monde. Tout dépend de la correction, de la cornée, de la surface oculaire, de l’âge et du mode de vie.

SMILE pro n’est pas un LASIK miniature

Pendant un LASIK, le laser femtoseconde crée d’abord un volet très fin à la surface de la cornée. Ce volet est soulevé, puis un second laser, appelé laser excimer, remodèle le tissu cornéen. Le volet est ensuite replacé.

Avec SMILE pro, il n’y a pas de volet. Le laser femtoseconde dessine directement une petite lentille de tissu dans l’épaisseur de la cornée : le lenticule. Le chirurgien le retire par une incision d’environ 3 à 4 millimètres. Le retrait du lenticule modifie la courbure cornéenne et corrige le défaut visuel.

Cette intervention ne fait pas intervenir de laser excimer et ne nécessite pas de point de suture. Elle reste néanmoins une chirurgie à part entière, avec une indication, des risques et un suivi précis.

Que signifie le mot « pro » ?

Le principe de SMILE existe depuis plusieurs années. SMILE pro désigne son évolution sur la plateforme ZEISS VISUMAX 800. Le laser peut créer le lenticule en moins de dix secondes pour une correction myopique, contre un temps plus long avec la génération précédente.

Cette rapidité réduit le temps pendant lequel l’œil doit rester positionné sous succion. Elle ne signifie pas que toute l’opération dure dix secondes : l’installation, le centrage, les contrôles et le retrait du lenticule prennent plusieurs minutes.

Le VISUMAX 800 ajoute aussi des aides numériques au centrage et à la compensation de la cyclotorsion. Ce dernier phénomène correspond à la légère rotation naturelle de l’œil lorsque l’on passe de la position assise à la position allongée. Sa prise en compte est particulièrement utile lorsqu’un astigmatisme doit être corrigé.

Les premières études consacrées au VISUMAX 800 montrent des résultats visuels comparables à ceux du SMILE de génération précédente, avec une création du lenticule plus rapide et une amélioration de la précision du centrage. Autrement dit, l’évolution porte d’abord sur la manière d’exécuter le traitement, pas sur une promesse irréaliste de « meilleure vue » pour chaque patient.

Pourquoi l’absence de volet peut-elle compter ?

Le volet du LASIK offre une récupération rapide, mais il modifie une zone plus large de la surface antérieure de la cornée. SMILE pro passe par une incision nettement plus petite. Il sectionne donc moins de fibres nerveuses cornéennes.

Dans les études comparatives, cette différence est associée à une récupération plus rapide de certains paramètres de la surface oculaire et de la sensibilité cornéenne. Elle peut être intéressante chez un patient qui présente déjà une tendance à la sécheresse, sans garantir pour autant l’absence de sécheresse après l’opération.

L’absence de volet supprime également les complications propres à son déplacement ou à la formation de plis. C’est un élément à considérer chez certains sportifs, policiers, militaires ou professionnels exposés à des chocs au visage. Cela n’autorise évidemment pas une reprise immédiate des sports de combat ou de contact : la cornée doit cicatriser et le chirurgien fixe le délai.

À quels patients SMILE pro peut-il être proposé ?

SMILE pro concerne principalement les adultes dont la myopie est stable, avec ou sans astigmatisme. Une correction qui évolue encore, une cornée irrégulière, un kératocône, une maladie oculaire active ou une surface oculaire très altérée peuvent exclure cette technique.

Le chiffre des dioptries ne donne qu’une partie de la réponse. Deux patients portant la même correction peuvent recevoir des recommandations différentes en raison de l’épaisseur de leur cornée, de sa forme, de leurs pupilles, de leur âge ou de leurs activités.

C’est précisément le rôle du bilan préopératoire : vérifier si la chirurgie est raisonnable, puis choisir entre les techniques disponibles. Ce bilan comprend notamment la mesure de la correction, l’examen de la cornée, une topographie ou une tomographie cornéenne et l’analyse de la surface oculaire.

Que voit-on et que ressent-on pendant l’intervention ?

L’œil est anesthésié avec des collyres. Le patient reste éveillé et suit les indications du chirurgien. Lors du contact avec le laser, il peut ressentir une pression et voir la lumière se modifier ou disparaître brièvement. Ce phénomène est attendu.

Une fois le lenticule créé, le chirurgien le sépare et l’extrait par la petite incision. Le patient rentre à domicile le jour même, accompagné. Les deux yeux peuvent généralement être traités lors de la même séance lorsque l’indication le permet.

À quoi ressemble la récupération ?

Les premières heures peuvent s’accompagner d’un larmoiement, d’une sensation de grain de sable, d’une sensibilité à la lumière ou d’une vision voilée. L’amélioration visuelle est souvent rapide, mais elle n’est pas instantanément parfaite chez tout le monde. Des fluctuations, des halos nocturnes ou une sécheresse transitoire peuvent persister pendant la phase de récupération.

Le traitement par collyres et les contrôles postopératoires font partie de l’intervention. Il faut éviter de frotter les yeux et respecter les consignes concernant la conduite, le maquillage, la natation, les environnements poussiéreux et le sport.

SMILE pro, LASIK ou PKR : le bilan décide

SMILE pro combine une petite incision, l’absence de volet et une récupération habituellement rapide. Le LASIK reste très performant et offre davantage de possibilités dans certaines corrections. La PKR conserve une vraie place, notamment lorsque le traitement de surface est préférable. Pour une myopie forte ou une cornée qui se prête mal au laser, un implant ICL peut parfois être une meilleure option.

Présenter une technique comme la plus moderne ne suffit pas à en faire la plus appropriée. En chirurgie réfractive, une bonne indication vaut davantage qu’un nom de machine.

Le Dr Dany Salik réalise la chirurgie SMILE pro au Solbosch Eye Clinic, à Bruxelles, avec le laser femtoseconde ZEISS VISUMAX 800. Une consultation et un bilan complet permettent de déterminer si cette technique correspond à votre situation.

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